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catégorie : Moi Moi Moi
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En ce moment, j'ai un problème avec l'idée de tolérance; en effet, il est très facile d'être intolérant, et il n'est pas toujours aussi facile d'être tolérant. Mais au fond je pense que tolérance et intolérance, participent du même processus éthique; c'est une question de seuil, donc de quantité.
Je pense que la tolérance est la mauvaise foi de l'intolérance, et non pas son opposé; c'est à dire qu'il faut être spontanément intolérant pour faire l'effort de tolérer; L'intention est louable certes mais ça veut quand même dire qu'on ne comprend rien à ce qui nous dérange et qu'on accepte malgré tout, la présence autre jusqu'à un certain point.
En gros on est gentil alors on se laisse marcher sur les pieds en gardant le sourire.
Là ou ça cloche, c'est qu'au fond, on n'est pas gentil; les noirs les pédés les juifs, ils nous enmerdent mais on a mauvaise conscience de vouloir s'en débarrasser.
C'est un peu, l'esprit qui règne ici en Bretagne, assez faux-cul sous des dehors accueillants; alors qu'en Alsace, ils crachent ouvertement sur les autres, ils sont cons mais au moins c'est franc ( je parle ici d'une masse, pas d'individus, comme dit le philosophe Didier Super: "y'en a des biens").
Cela me pose problème, car jusqu'à présent, je me disais tolérant; mais c'est faux le mot ne colle pas.
Je n'ai jamais rien toléré car je n'ai jamais eu l'impression qu'on me marchait sur les pieds. Je n'ai (presque) jamais eu à me forcer d'accepter une différence quelle qu'elle soit.
Je ne me sens pas appartenir particulièrement à un groupe quelconque, bien sûr, je suis français hétéro et tout le tralala, j'ai des goûts affirmés, mais je suis aussi toutes les personnes que je croise et tous les horizons.
Ce que je ne tolère pas ce sont ceux qui se disent appartenir à un groupe en s'opposant au reste du monde; ça fait quand même un paquet de personnes.
En fait je suis super intolérant.
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... quand on a tord de ne pas tolérer quelqu'un.
.. noirs, arabes, juifs...
ça évite des Vel'd'hiv', non ?

Le poids des apparences en Bretagne, terres familiales, je connais, poid des convenances : même si humour taquin, péchu, (finistère, ou juste mes oncles et tantes et leurs potes...)
Mais j'aime pas qu'on crache ouvertement sur les gens : Je pense que le noir apprécie qu'on lui dise poliement "bonjour," plutôt qu'on lui crache dessus.

Perso', je dis bonjour à des gens que j'aime pas mais l'échange de sourires me mets de bonne humeur...

Bonjour c'est le début d'un dialogue, ça permet de l'enrichire d'une connaissance graduelle de l'autre, je pense : cracher sur quelqu'un, je ne crois pas...

"Les limites de la tolérence sont l'intolérence de l'autre."
Moi, ça me suffit : et encore, en cherchant chez un barbu ce qu'il a de tolérent au lieu de christaliser sur la barbe : tout le monde est gagnant.*On est jamais monolitique, (même en Bretagne :0))

Se révolter, par contre, j'aime bien.

Et je m'engage dans un rapport de force avec ma direction, par le biais du CE : de façon constructive, si possible, (pas gueleur tout le temps.)

Je sais pas si ça nourrit ta réflection.
Elle est intéressante même si je ne suis pas d'accord.

je pense à Camus : il cherchait la justice dans le juste équlibre.

Bonne matinée, bientôt. (réponse tellement en décallage avec les autres, je ne sais pas si elle sera lue... tant pis. :0)
 18/12/07 à 23h40
La tolérance a été érigée comme valeur suprême par les socialos, pour faire accepter des conneries venant d'autres culture (excision, tchador, mariages forcés), sous couvert de faire la nique à la droite. Sous l'impulsion de la bonne conscience type MRAP (affiliés PCF aujourd'hui), on a fait accepter l'intolérable, parce qu'il fallait se montrer ouvert, progressiste, moderne, quoi.

Ca a fait illusion un temps. Maintenant on paie la diffusion d'idées dangereuses.
 18/12/07 à 23h34
à propos de l'émigré : on me demande de le tolérer ? Je préfère l'accepter.
Tolérer n'est pas accepter...
Oui, et à ce titre je suis bien plus intolérant que tolérant. J'iame pas l'idée que je dosi tolérer l'autre. L'émigré par exemple, je le tolère parce que je suis en position de le tolérer. C'est-à-dire que je pourrais aussi bien ne pas le faire. Mais lui, l'émigré, a-t-il les moyens de me tolérer ou non ?

Tolérer l'autre, c'est se positionner comme supérieur à l'autre.

En plus, les choses, les idées, les gens, je les accepte ou pas. Si je ne suis pas d'accord avec des idées de merde par exemple, je ne les tolère pas, c'est tout. On va pas faire les tièdes.
Voilà, en fait : la tolérance, c'est la vertu des tièdes. Au nom de cette vertu, on a toléré l'édification du FN comme parti légitime, le fondamentalisme musulman comme une culture exotique, les conneries religieuses de tous poils comme le droit à la liberté de croyance... Ben pas moi.
 18/12/07 à 12h15
D'ailleurs, pcc a oublié dans les cases à cocher proposées par défaut dans le profil que l'on se doit de proposer à ses petits camarades les options "intolérant", "bête", "méchant", "raciste" et autres petites glorioles que l'on ne peut donc qu'éviter de mettre en avant. Paraît que c'est pas très vendeur.
Or, je compte tirer un bon prix de mon personnage, tout de même. Parce que je m'aime beaucoup. Et si les autres ne sont pas capables de m'aimer, c'est qu'ils sont cons, de toute façon. Et comme je ne tolère pas les cons, hein...

Après ce petit instant sourire jaune à l'envers, un vrai merci pour ce texte
..ça me fait penser à ça.
J'ai assisté dans mon cursus universitaire à pas mal d'exposés d'esprits értiqués. Mais la palme revient sans nul doute à une conférence sur les droits de l'homme par un "ponte" en la matière.
Au cours de son exposé, il a clairement dit "l'homsexualité ce n'est quand même pas naturel","malgré ce qu'on dit". Au cours du débat une fille lui a fait remarqué le manque de fondement de sa remarque, il s'est justifié en disant "non mais j'ai des amis homosexuels, ils sont très gentils".
Ah..
J'ai des amis perso, ce qu'ils font ou pas de leur vie sexuelle ne m'intéresse que moyennement. Pourquoi et comment peut on souligner accepter/tolérer une différence? Si l'on place l'autre dans la différence, c'est déjà reconnaître qu'il y a quelque chose qui l'est, et ça le place dans cette différence comme tu dis très bien.
Tolérer c'est accepté l'autre tel qu'on croit le percevoir, et pour se donner bonne conscience on peut en effet tolérer tout et n'importe quoi..
Voilà, j'aime beaucoup aussi.

et n'importe quoi, et perdre du discernement, et perdre de la capacité d'agir, de réagir, de remettre l'ouvrage sur la table...

tout est affaire de juste mesure, peut être, et de zones sensibles.
Je me suis souvent demandée, (et y a pas si longtemps en choisissant ce qualificatif sur PCC pour me décrire), ce que ça voulait dire "être tolérant". De quel droit est-ce que je "tolèrerais" ? Et bien sûr, pour faire écho à ce que tu dis Lenic, il y a des sujets sur lesquels je ne suis pas tolérante du tout, je peux peut-être essayer de comprendre ce qui se cache derrière l'opinion tranchée d'un individu qui dit haut et fort (de plus en plus d'ailleurs, comme quoi, l'air du temps encourage enfin certains à afficher la couleur) ne pas aimer les arabes par exemple (d'ailleurs, qu'est-ce que ça veut dire, "aimer", moi je ne les aime pas plus que les autres, j'apprécie des indicidus, mais bon...), souvent je butte sur de la bêtise et de l'ignorance à l'état pur, cherche donc pas à aller plus loin. Bref.
Si je me qualifie donc comme quelqu'un de "tolérant", pour moi, ça veut tout simplement dire que j'essaie de comprendre l'autre par-delà ses différences, point barre. C'est d'ailleurs, je crois, ce qu'on met, pour la plupart, derrière ce mot. C'est une espèce de tension, qui tente d'aller au-delà du simple préjugé.
 17/12/07 à 12h13
The Space Voyager
cela signifie qu'il est facile d'être tolérant un jour et... intolérant le lendemain.
Je préfère de loin la compréhension de l'autre, des autres, elle implique une démarche intellectuelle qui peut changer profondément nos représentations. Certes, cette démarche de compréhension n'est pas évidente, elle nécessite du temps, de la patience, une curiosité qui va au-delà du simple attrait pour les apparences, elle consomme de l'énergie, elle ne se fait pas en ligne droite, elle est parsemée d’erreurs et de fausses routes mais le voyages à travers les idées est passionnant et captivant. Il vaut le détour.
 17/12/07 à 11h41
camilleclaudel
aussi votre idée de seuil de tolérance/intolérance ?