J'ai perdu le code de ma carte bleue…
La laide au bois ronflant aimait son bien-aimé ; un jour, elle s'est aperçue que son bien-aimé aimait une belle au bois. Déchirée, la laide au bois ronflant voulut mourir : son corps l'y aida, développant un kyste là où elle se sentait impuissante. Un ogre découpeur, dépêché par la laide, visitant le bois, trouva bien dangereux ce kyste pour la laide au bois ronflant : il l'enleva, foin des organes cachés dessous. Un coup de bistouri et hop ! plus de tumeur, plus d'organe, plus de saute d'humeur ! La laide pouvait attendre tranquillement que son bien-aimé revienne.
Aimé, mon bien-aimé, me laisseras-tu t'aimer encore ?
Elle se mit à errer dans la forêt et rencontra le désert et le vide. Elle entreprit de remplir les vides, puisque la nature n'aime pas ça. Les pages blanches de ses cahiers, elle les remplit de pleins et de déliés. Les toiles blanches, elle les remplit de couleurs. L'air fut rempli de sa voix, son corps de nourriture.
Aimé, mon bien-aimé, me laisseras-tu t'aimer encore ?
Le vide de son corps appelait à être comblé ; le vide de sa vie hurlait au remplissage. Alors elle mangea, elle grossit tant qu'elle devint physiquement la laide qu'elle croyait être. Dame Libido a fait sa valise et est allée combler ailleurs. La laide se couvrit de bosses en cognant sa tête dans les murs, de bleus son corps se couvrit. La laide se résigna à ronfler seule au bois : elle n'était plus femme, ni mère, elle n'était qu'un tas de chairs au bois de lit, ronflant.
Aimé, mon bien-aimé, me laisseras-tu t'aimer encore ?
Elle erra, ainsi, dans le désert des cendres, longtemps, sans penser, s'efforçant de ne rien ressentir : ni l'absence de son bien-aimé, ni le vide laissé par son absence, ni son vide intérieur, ni la peur qui l'avait toujours habitée. Le désert, c'était le gris. Pas de couleurs, pas de rire, pas de musique, pas de désir d'aucune sorte. Devenue grand-mère, la vieille petite fille s'est cachée pour toujours...
Aimé, mon bien-aimé, me laisseras-tu t'aimer encore ?
Un jour, quatre accords, toltèques de qualité, déposèrent un baiser sur ses lèvres closes. Ils vinrent se murmurer à son oreille. Ils ouvrirent les volets, et laissèrent la lumière et la chaleur pénétrer dans la caverne de la laide. Ils chantaient gaiement, trottaient dans sa tête, l'invitant à quitter le bois, à chanter avec eux. La laide cessa de ronfler et fit le premier pas d'une longue marche vers la re-naissance. Elle trouva un chemin peu pratiqué qui la sortit du bois, rencontra Pégase qui lui fit voir le monde, fit connaissance avec Seth et admira sa puissance, elle connut Isis, LA femme qui trouve les morceaux éparpillés de son frère, dans l'obscurité et, les réunissant, leur insuffle la vie. Le Veilleur veillait, l'Eclaireur éclairait. Elle en vit de toutes les couleurs...
Aimé, mon bien-aimé, je ne t'aime plus
Elle voyagea aux sources et se reconstitua, pièce par pièce, petit à petit, mot à mot. Comme elle n'était pas bien sûre d'elle-même, elle choisit de se cacher encore un peu derrière un pseudo sur le net. Ses mots ont fait leur chemin vers d'autres gens : certain homme a été touché par ses mots comme elle fut touchée par les siens : des mots de douleur et de souffrance, de manque et de renoncement, de punition et de violence, mais aussi des mots de rébellion, de bataille, d'insoumission et de consolation, réconfort et accompagnement. Cet homme si différent, aux goûts si étrangers aux siens, qui porte sa virilité comme un étendard, qui vit sa séduction dans la frénésie, trublion, iconoclaste, à la fois sûr de lui et d'une fragilité émouvante ; cet homme-là lui permit de rêver au tourbillon d'une fête foraine, la fit tourner dans les manèges, elle qui déteste les manèges. Au matin, dans un seau qui remontait l'eau qui devait les abreuver, la laide trouva, parmi une vieille godasse, un mouchoir à carreaux violets, un torchon déchiré ...
le code de ma carte bleue. Je ne l'ai pas encore essayé, je m'demande s'il marche...
Aimée, ma mal-aimée, te laisseras-tu aimer ?
La laide au bois ronflant aimait son bien-aimé ; un jour, elle s'est aperçue que son bien-aimé aimait une belle au bois. Déchirée, la laide au bois ronflant voulut mourir : son corps l'y aida, développant un kyste là où elle se sentait impuissante. Un ogre découpeur, dépêché par la laide, visitant le bois, trouva bien dangereux ce kyste pour la laide au bois ronflant : il l'enleva, foin des organes cachés dessous. Un coup de bistouri et hop ! plus de tumeur, plus d'organe, plus de saute d'humeur ! La laide pouvait attendre tranquillement que son bien-aimé revienne.
Aimé, mon bien-aimé, me laisseras-tu t'aimer encore ?
Elle se mit à errer dans la forêt et rencontra le désert et le vide. Elle entreprit de remplir les vides, puisque la nature n'aime pas ça. Les pages blanches de ses cahiers, elle les remplit de pleins et de déliés. Les toiles blanches, elle les remplit de couleurs. L'air fut rempli de sa voix, son corps de nourriture.
Aimé, mon bien-aimé, me laisseras-tu t'aimer encore ?
Le vide de son corps appelait à être comblé ; le vide de sa vie hurlait au remplissage. Alors elle mangea, elle grossit tant qu'elle devint physiquement la laide qu'elle croyait être. Dame Libido a fait sa valise et est allée combler ailleurs. La laide se couvrit de bosses en cognant sa tête dans les murs, de bleus son corps se couvrit. La laide se résigna à ronfler seule au bois : elle n'était plus femme, ni mère, elle n'était qu'un tas de chairs au bois de lit, ronflant.
Aimé, mon bien-aimé, me laisseras-tu t'aimer encore ?
Elle erra, ainsi, dans le désert des cendres, longtemps, sans penser, s'efforçant de ne rien ressentir : ni l'absence de son bien-aimé, ni le vide laissé par son absence, ni son vide intérieur, ni la peur qui l'avait toujours habitée. Le désert, c'était le gris. Pas de couleurs, pas de rire, pas de musique, pas de désir d'aucune sorte. Devenue grand-mère, la vieille petite fille s'est cachée pour toujours...
Aimé, mon bien-aimé, me laisseras-tu t'aimer encore ?
Un jour, quatre accords, toltèques de qualité, déposèrent un baiser sur ses lèvres closes. Ils vinrent se murmurer à son oreille. Ils ouvrirent les volets, et laissèrent la lumière et la chaleur pénétrer dans la caverne de la laide. Ils chantaient gaiement, trottaient dans sa tête, l'invitant à quitter le bois, à chanter avec eux. La laide cessa de ronfler et fit le premier pas d'une longue marche vers la re-naissance. Elle trouva un chemin peu pratiqué qui la sortit du bois, rencontra Pégase qui lui fit voir le monde, fit connaissance avec Seth et admira sa puissance, elle connut Isis, LA femme qui trouve les morceaux éparpillés de son frère, dans l'obscurité et, les réunissant, leur insuffle la vie. Le Veilleur veillait, l'Eclaireur éclairait. Elle en vit de toutes les couleurs...
Aimé, mon bien-aimé, je ne t'aime plus
Elle voyagea aux sources et se reconstitua, pièce par pièce, petit à petit, mot à mot. Comme elle n'était pas bien sûre d'elle-même, elle choisit de se cacher encore un peu derrière un pseudo sur le net. Ses mots ont fait leur chemin vers d'autres gens : certain homme a été touché par ses mots comme elle fut touchée par les siens : des mots de douleur et de souffrance, de manque et de renoncement, de punition et de violence, mais aussi des mots de rébellion, de bataille, d'insoumission et de consolation, réconfort et accompagnement. Cet homme si différent, aux goûts si étrangers aux siens, qui porte sa virilité comme un étendard, qui vit sa séduction dans la frénésie, trublion, iconoclaste, à la fois sûr de lui et d'une fragilité émouvante ; cet homme-là lui permit de rêver au tourbillon d'une fête foraine, la fit tourner dans les manèges, elle qui déteste les manèges. Au matin, dans un seau qui remontait l'eau qui devait les abreuver, la laide trouva, parmi une vieille godasse, un mouchoir à carreaux violets, un torchon déchiré ...
le code de ma carte bleue. Je ne l'ai pas encore essayé, je m'demande s'il marche...
Aimée, ma mal-aimée, te laisseras-tu aimer ?
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du début àla fin,un texte qui ne vous laisse pas ..indifférent...
trés touchant..et authentique..
trés touchant..et authentique..
Une petite fille pas belle avait grandi le nez au vent, les pieds dans les chemins des coteaux. Désormais grande elle était partie voir ailleurs si la vie avait plus de couleurs. Elle s'était mariée, avait eu deux beaux enfants. Mais son chevalier passait tout son temps à batailler, et quand elle compris que son coeur se congelait, elle le quitta pour retrouver ses coteaux chéris et la chaleur des siens.Elle arpente son pays en mettant du soleil dans son coeur cabossé. Trouvera-t-elle elle aussi un trublion ? ou un chevalier avec un beau coeur pour toute arme ?
Merci Morgane pour ton histoire.
Merci Morgane pour ton histoire.
très émouvant, toutes mes félicitations pour cette poésie
cette exposition en avant-première. Vibrant et poignant témoignage jusqu'à son dénouement qui finit comme un rève que l'on te souhaite très doux.
très émouvant
très émouvant
.
Little Peace in C for U
.
.
Michel Petrucciani
.
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Piano solo,
live in Bologna,
Concert for Pope Giovanni Paolo II.
September, 1997
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http://minilien.com/?YARGnJM8Ji
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Little Peace in C for U
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Michel Petrucciani
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Piano solo,
live in Bologna,
Concert for Pope Giovanni Paolo II.
September, 1997
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http://minilien.com/?YARGnJM8Ji
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Morgane, ce prénom ne vous a pas été attribué par hasard, les fées de l'intelligence, de la bonté, de la beauté intérieure, de la poésie se sont bien penchées sur le berceau du bébé dormant....
Excellent !
08/10/08 à 13h53
Merci surtout à toi Morgane pour ce joli texte...
quel texte !
la réponse est déjà en toi.J'aime votre façon d'écrire.***********
c'est que chacun imagine ce qu'il veut... Tu sais, La Chris, le trublion, c'est un rêve mais sa tendresse me tient chaud !
Merci à tous et toutes pour votre réception de ce texte : cela m'émeut beaucoup et je suis heureuse qu'il n'y ait pas, sur ce site, que des sensibilités en barreaux de chaises ! mes "amis" de la vie courante sont plutôt de ce genre-là : comme quoi on se trompe parfois sur notre entourage...
Merci à tous et toutes pour votre réception de ce texte : cela m'émeut beaucoup et je suis heureuse qu'il n'y ait pas, sur ce site, que des sensibilités en barreaux de chaises ! mes "amis" de la vie courante sont plutôt de ce genre-là : comme quoi on se trompe parfois sur notre entourage...
Très joli texte .. et beaucoup de bonheur avec le trublion.
Bises de la Chris.
Bises de la Chris.
"envibrée"
, merci !
***** pour ce texte ********** (au moins) pour toi !
***** pour ce texte ********** (au moins) pour toi !
Une merveille ton texte !!! Te souhaite tous les bonheurs !
que je lisais un conte, et puis non, et c'est fort bien écrit, on avance doucement vers la réalité, au coeur même de la vie d'une femme, avec émotion.
En revanche, tout comme Rivale, je n'ai pas compris la chute.
Et je pense que cette phrase "Au matin, dans un seau qui remontait l'eau qui devait les abreuver, la laide trouva, parmi une vieille godasse, un mouchoir à carreaux violets, un torchon déchiré ..." devrait faire l'objet d'un autre paragraphe. Enfin, disons que quelque chose me gène : "Au matin" est raccroché à quoi ? Un matin ne m'aurait pas posé ce problème de compréhension, ou alors il aurait fallu évoquer une nuit précédemment, cela n'engage que moi bien sûr...
En revanche, tout comme Rivale, je n'ai pas compris la chute.

Et je pense que cette phrase "Au matin, dans un seau qui remontait l'eau qui devait les abreuver, la laide trouva, parmi une vieille godasse, un mouchoir à carreaux violets, un torchon déchiré ..." devrait faire l'objet d'un autre paragraphe. Enfin, disons que quelque chose me gène : "Au matin" est raccroché à quoi ? Un matin ne m'aurait pas posé ce problème de compréhension, ou alors il aurait fallu évoquer une nuit précédemment, cela n'engage que moi bien sûr...
pour exprimer cela si bien, avec une si profonde et poignante légèreté...
pis t'as pas l'choix mimine....y'en a qui t'aiment 

mais surtout touchant ! *****
elle se laisse aimer et se laissera aimer mais pas par des...
mais je n'ai pas compris la chute. Cet homme a-t-il volé la carte bleue?...je crois plutôt que le code de ladite carte n'a désormais plus d'importance.
La soi-disant laide, la grand-mère, bien femme encore se laissera-t-elle enfin aimer
La soi-disant laide, la grand-mère, bien femme encore se laissera-t-elle enfin aimer
texte Morgane et très émouvant
sensible et lumineux.

et pourtant je ne réagis pour ainsi dire jamais aux commentaires... c'est dire si ça m'a ému 

Votre texte fait pleurer mon âme sensible, votre visage fait rayonner mon coeur, par l'espoir..que se réalise votre voeux émis en boucle.. ma féminité
raisonne sous votre plume!
raisonne sous votre plume!
très bien écrit
aucune femme n'est laide si elle se sent un peu aimée (et si elle s'aime aussi plus qu'un peu)
continuez d'aimer les "choses de la vie" car elles le rendent un jour ou l'autre...
aucune femme n'est laide si elle se sent un peu aimée (et si elle s'aime aussi plus qu'un peu)
continuez d'aimer les "choses de la vie" car elles le rendent un jour ou l'autre...
Je suis certain que ce code, vous ne l'avez jamais oublié et qu'il marchera encore.
bon je lis maintenant

Je réagis à ce commentaire en
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morgane17
publié le 4 oct. 08